Mis à jour le 14 janvier 2021

Les 5ème rencontres du Réseau Alimentation Durable ReADy se sont tenues le 6 octobre dernier au restaurant Ménadel & St Hubert, un tiers-lieu inédit situé dans le centre ville de Loos-en-Gohelle. Retour en témoignages et en images !

La rencontre ReADy, c’est chaque année un projet lié à l’alimentation durable à découvrir dans les Hauts-de-France. En 2020, rendez-vous a été donné, entre deux périodes de confinement, à Loos-en-Gohelle, commune située dans le bassin minier, près de Lens.

Cette ville pilote de la transition écologique et sociale, portée par le maire Jean-François Caron, accueille ainsi le deuxième Écopôle alimentaire des Hauts-de-France, après celui d’Audruicq, projet conçu et mis en œuvre par les Anges Gardins, association fondée par Dominique Hays, par ailleurs président de la Fédération Nationale des Jardins de Cocagne.

Le pouvoir de l’alimentation durable aux mains des femmes

C’est peu de dire que la vingtaine d’adhérent·e·s du réseau ReADy présent·e·s ont eu plaisir à se retrouver depuis leur dernière rencontre annuelle, en 2019, et suite à la période de télétravail du premier confinement.

Masquées mais pas muettes, les participant·es –  les membres du réseau sont majoritairement des femmes– ont témoigné de l’avancement des projets liés à l’alimentation durable portés par leurs structures ; la problématique de la précarité alimentaire, aggravée par le contexte du confinement de mars-avril, a été soulevée à l’unisson et corrélée avec la forte augmentation, depuis le début de l’année, des demandes, par les collectivités, d’accompagnement de Projets Alimentaires Territoriaux (PAT).

Chaque année, le réseau ReADy est aussi un moment privilégié pour :

  • créer et resserrer les liens entre les représentants et structures présents
  • décloisonner, favoriser la coopération, la transversalité, la complémentarité et la reproductibilité des projets
  • faire du réseau une communauté vivante, inspirée et inspirante sur les nouveaux systèmes d’alimentation durable, force de proposition de nouvelles approches

Groupe 2 ready
© cerdd

Les actus du réseau, en bref et en ligne

Les projets, multiples et variés et évoqués lors du déjeuner, s’articulent autour de la question des circuits courts et de l’approvisionnement local :

Après le temps d’un repas local et bio, préparé par les cuistots de la table de Cocagne du Ménadel & St Hubert, Dominique Hays, concepteur de l’Archipel Nourricier de Loos-en-Gohelle, en a dévoilé ses grands principes et rappelé sa genèse.

Ce temps de présentation a ensuite été complété par une visite de la microferme Cocagne de Gohelle, située à quelques pas du Ménadel & St Hubert, en plein cœur de ville. Cette immersion dans l’Archipel Nourricier a été très appréciée des participant·e·s qui, pour clore la journée sous le signe du partage et des échanges, ont souhaité faire part de leurs impressions.

Elles & ils ont dit...

Sophie Faucon, CCA St Omer

« Coup de cœur pour le projet de l’Archipel Nourricier qui me conforte dans le fait d’intégrer dans nos projets le volet insertion. J’apprécie leur façon de créer le lien social entre des personnes d’univers et de conditions différentes. Ça m’a vraiment reboostée et les rencontres avec le CERDD enrichissent à chaque fois nos projets, en multipliant les points de vue, en offrant de nouvelles perspectives. Tout cela nous sert à la fois pour monter nos dossiers et pour motiver les élus. »

Clotilde Bulté, CC Sud Artois

« Dans le cadre de la mise en place d’un P.A.T., on est à la recherche de ce qui se fait ailleurs, des projets exemplaires à adapter à notre territoire. L’aspect systémique de l’Archipel Nourricier est intéressant. Rien n’est cloisonné ou envisagé séparément, tout est relié, l’aspect social, alimentaire, économique, écologique etc… Nous sommes déjà en contact avec des membres du réseau pour mettre en œuvre notre P.A.T. sur différents aspects : la CUMA pour les pratiques agricoles, l’ADEME pour le gaspillage alimentaire, l’AFIP-Le Germoir pour l’espace test de maraîchage bio, le CERDD bien sûr pour la mise en œuvre opérationnelle du P.A.T. »

Sophie Wauquiez, CIVAM

« Ça fait du bien de prendre le temps d’échanger. L’Archipel Nourricier est une découverte totale pour moi, un projet assez innovant, à la fois simple et complexe, très concret qui répond vraiment aux besoins des gens. Le donnant-donnant pour la culture en bio sur les terres, on voit que c’est possible et que ça marche. »

Anne Macou-Lescieux, El’Cagette à Roubaix

« J’avais entendu parler des Archipels Nourriciers d’Audruicq et Loos-en-Gohelle sans y être allée. Ils font écho à l’expérience d’El’Cagette à Roubaix. La valorisation du bénévolat, de l’engagement dans la vie de la cité à travers la MANNE est une piste à creuser pour nous. C’est un modèle inspirant et reproductible. »

Louis Latour, CUMA

« J’ai été surpris de l’envergure des projets des Anges Gardins. L’Archipel Nourricier est intégré dans une réflexion de fond qui a de l’ambition sur le territoire. Grâce à  cette rencontre, j’ai pu faire mieux connaître le rôle des CUMA auprès des participants présents. »

Jade Aronia, CERTIA

« C’est un modèle très vertueux mais difficilement exploitable sur une région car il se base sur la bienveillance générale de tous les acteurs impliqués. Quand on créée un système d’échanges, des biais peuvent se produire si les gens ne jouent pas le jeu. Le monde économique dans lequel j’évolue se doit d'être viable économiquement et la compétitivité est forte. J’étais surprise - et en même temps pas tant que ça - que la thématique d’alimentation durable regroupe autant de femmes ! »

Johanni Clairet, A PRO BIO

« Très intéressée par ce projet multidimensionnel et le lien social du projet que j’ai découvert. Nous sommes déjà en partenariat avec la CALL et les Anges Gardins qui fournissent des produits pour la restauration collective de la ville de Loison-sous-Lens. Ce sont des communes pilotes exemplaires qu’il faut mettre en avant et valoriser pour encourager d’autres communes à s’en inspirer. »

Anne Laure Cadet, Chambre d’Agriculture

« C’était très intéressant, le format est convivial pour se mettre en réseau avec les différents partenaires. Beau projet prometteur et des témoignages touchants. Je suis arrivée récemment à la Chambre d’Agriculture et cette journée est une occasion en or pour rencontrer des partenaires. Notre service Approlocal travaille déjà en partenariat avec A PRO BIO sur les actions restauration hors domicile dans le cadre du Système Alimentaire Territorial et Durable (SATD) de la CALL. »

Elise Debergue, PETR Ternois - 7 Vallées

« C’est un temps d’échanges techniques avec d’autres partenaires qui peuvent aider à débloquer une situation ou à être conforté dans une démarche. J’ai été agréablement surprise par le projet présenté. J’aimerais lancer la réflexion sur la monnaie locale, un tiers lieu comme la place à vivres et les paniers solidaires pour voir si c’est envisageable sur notre territoire rural. Notre P.A.T. est déjà élaboré et nous cherchons à le faire évoluer. »

Noémie Hilmoine, AFIP

« C’était ma première participation à une rencontre du réseau ReADy. Je connaissais le projet de Dominique Hays mais c’était bien de prendre le temps de réexpliquer l’historique, le fonctionnement, le temps d’un retour d’expérience pour favoriser l’essaimage. Finalement, on a eu peu de temps pour échanger entre nous mais la liste des participants est précieuse pour garder contact. »

Paul Serge Lopez, Métropole Européenne de Lille

« On est en contact avec Dominique Hays pour voir de quelle manière on peut initier au niveau d’une commune ou d’une communauté de communes un corridor nourricier. Le CERDD accompagne déjà notre service Stratégie Alimentaire sur notre P.A.T. mis en place en octobre 2019. Une journée de rencontre comme celle-ci est très intéressante et nous sommes demandeurs au niveau du réseau de multiplier ces occasions ! »

Julien Wojcieszak, 1er adjoint à la Transition Ecologique à Vimy

« En tant que nouvel élu à Vimy, je participais pour la première aux Rencontres ReADy. Sur notre territoire, la logique est inversée à celle de Loos-en-Gohelle, dont je connais bien le projet. Ce sont plutôt les élus qui sont porteurs et moteurs d’une nouvelle vision. C’est à nous de sensibiliser les citoyens sur la Transition Ecologique et de mobiliser nos agents et notre organisation vers des projets moins cloisonnés, plus transversaux et systémiques. On a déjà mis en place un verger collectif et un jardin d’enfant novateur. On avance sur le projet d’un jardin partagé, d’un partenariat avec la CUMA pour l’entretien de nos chemins. Et en ce moment nous devons faire cohabiter notre impatience à réaliser la Transition et le temps long du changement des structures ! »

Vincent Farine, Ville de Vimy

« Cette réunion fut pour moi très enrichissante. Nous travaillons depuis quelques années sur des thèmes relatifs au développement durable mais de façon ponctuelle et devons harmoniser notre travail sur l'ensemble de la commune. Le projet présenté est super intéressant à pouvoir développer dans divers secteurs et peut véritablement contribuer à un projet collectif. »

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