Mis à jour le 16 janvier 2019

A l’image de fortes ambitions de développement des réseaux de chaleur dans toute la région, la ville de Boulogne-sur-Mer, avec Ecoliane, mobilise 3 ressources locales renouvelables et de récupération pour alimenter son réseau récemment étendu.

LES RESEAUX DE CHALEUR : UNE OPPORTUNITE DE DEVELOPPEMENT DES ENERGIES RENOUVELABLES ET DE RECUPERATION

Un réseau de chaleur ou réseau de chauffage urbain est un réseau de chauffage à distance : la chaleur, produite de façon centralisée, est distribuée de façon à fournir chauffage et eau chaude sanitaire au plus grand nombre d’usagers (occupants de logements collectifs, bâtiments publics, bureaux). Le principe est de relier plusieurs bâtiments pour les chauffer ensemble.

Un réseau de chaleur se compose de trois éléments : unité de production, circuit de canalisations pour distribuer la chaleur et postes de livraison aux bâtiments alimentés. La tendance est à l’utilisation croissante des énergies renouvelables et de récupération pour alimenter les réseaux de chaleur nouveaux ou existants. Cette démarche contribue ainsi à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre.

Les réseaux de chaleur permettent en effet de mobiliser d’importants gisements d’énergie renouvelable ou de récupération non distribuables autrement, notamment en zone urbaine (bois-énergie, géothermie, chaleur fatale...). Équipés d’unités de production de forte puissance, ces réseaux ont par ailleurs un meilleur rendement que plusieurs installations individuelles et peuvent être équipés de systèmes de filtration performants afin de limiter la pollution atmosphérique.

A l’échelle nationale en 2014-2015, d’après l'Observatoire des réseaux de chaleur, les 536 réseaux de chaleur desservaient environ 2,13 millions d’équivalents-logements ; près de la moitié de cette chaleur étant d’origine renouvelable.

Les réseaux de chaleur connaissent un développement ambitieux à l’échelle des Hauts-de-France, mobilisant d’importants gisements d’énergies renouvelables ou de récupération non distribuables autrement. En 2017, d’après l’Observatoire Climat régional porté par le Cerdd, sur 43 réseaux de chaleur de plus de 2 MW, 32 étaient alimentés totalement ou partiellement pas des énergies renouvelables. Cette chaleur renouvelable représentant alors 568 GWh soit 39 % de la chaleur totale livrée en région, soit encore 122 692 équivalents logements.

Pour en savoir plus, consultez la fiche Réseaux de chaleur de l’Observatoire Climat Hauts-de-France

ZOOM SUR BOULOGNE-SUR-MER

Ecoliane à Boulogne-sur-Mer en est un bon exemple ! Combinant 3 ressources locales renouvelables jusqu’ici inexploitées : boues de la station d’épuration (chaleur fatale), eaux usées (pompe à chaleur), bois (biomasse), ce réseau chauffe atteint une puissance de 7 MW. Il a reçu le prix d’excellence au concours national des villes (catégorie « maîtrise des énergies »).

Initié en 2008 par une étude de faisabilité, le projet de mise en œuvre d’un nouveau réseau de chaleur urbain prenait le parti et le pari technique de recourir aux énergies alternatives locales, avec pour point de départ la valorisation de la station de traitement des eaux de la ville.

Ce projet illustre ainsi une volonté des acteurs locaux : jouer un rôle déterminant dans la protection de l’environnement et le développement durable du territoire et permettre au plus grand nombre de réaliser des économies significatives ! Boulogne-sur-Mer a d’ailleurs reçu pour ce projet le prix d’excellence au concours national des villes, dans la catégorie « maîtrise des énergies ».

Cette volonté politique a notamment été mise en lumière par la participation de M. PAPYLE - Adjoint au Maire de Boulogne-sur-Mer, de M. FAYEULLE - Directeur Général des Services Techniques de la Ville de Boulogne et de Mme CANOVA, Chargée de mission PCAET COTRI au Pays du Boulonnais.

UNE VISITE DE TERRAIN POUR DECOUVRIR LE RESEAU DE CHALEUR innovant

Jeudi 29 novembre, le Cerdd, en partenariat avec la Ville de Boulogne-sur-Mer, Dalkia et la Communauté d'Agglomération du Boulonnais, a permis à 35 participants de découvrir sur le terrain ce réseau de chaleur innovant.

Aujourd’hui, près de 7,5 km de réseau ont été construits sur deux quartiers pour alimenter en chaleur l’équivalent de 6 000 logements. La mairie de Boulogne-sur-Mer et Ecoliane ont travaillé à l'extension du réseau au Sud de la ville, avec le soutien du programme INTERREG NWE, dans le cadre du projet HeatNet.

L’utilisation à 80% d’énergies locales renouvelables représente à l’échelle de la ville une économie annuelle d’environ 3600 tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions de 1500 véhicules en une année.

Le groupe a pu visiter les deux chaufferies du réseau : la Chaufferie du Chemin Vert et sa chaudière bois, ainsi que la Chaufferie Liane et ses dispositifs de récupération de chaleur. Aussi, les visites ont été commentées en bus, afin d’étayer les explications techniques mais aussi de donner à voir les quartiers et équipements desservis par le réseau de chaleur Ecoliane et son extension vers Nausicaà.

A ce réseau Ecoliane sont raccordés de l’habitat social (prioritaire), de nombreux bâtiments publics (mairie, CAB, établissements scolaires, salles de sports, espaces culturels) et quelques copropriétés.

Ecoliane est un site emblématique de la volonté de Dalkia d’atteindre 50 % d’énergies renouvelables dans ses réseaux à l’horizon 2022. Depuis l’installation d’Ecoliane, Dalkia travaille à l’essaimage du savoir-faire acquis à Boulogne.

Article de presse

Boulogne/Mer - La chaleur rejetée par la station d’épuration récupérée pour chauffer des logements, Delta fm le 3 décembre 2018

Bientôt une vidéo pédagogique récap’ de la visite !

Rédaction : Joséphine Raynauld, Cerdd

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