Mis à jour le 11 décembre 2017

Territoire où l’agriculture traditionnelle prédomine, c’est le dynamisme des agriculteurs locaux qui vaut au Pays Pévèlois de s’être intéressé aux circuits alimentaires de proximité. La politique locale s’est ainsi construite et est menée en fonction des attentes et besoins des producteurs, particulièrement pour maintenir et développer leur activité. Le Pays anime et soutient les démarches qui peuvent émerger grâce à l’animation territoriale autour des circuits alimentaires de proximité. Enfin, sa principale particularité est de développer des solutions financières pour venir en aide des projets nécessitant un investissement des exploitants s’organisant en collectif.

Le territoire ayant une organisation collective, il a la volonté de décliner cette méthode de travail dans ses actions et ainsi de permettre aux agriculteurs de travailler ensemble. Le Pays n’ayant pas de politique agricole propre, il a développé sa démarche circuits courts autour de :

  • La Charte de Pays (2007-2017) est un document dans lequel sont définies les priorités du territoire en termes d’aménagement et de développement durable. L’objectif est notamment de maintenir une agriculture dynamique et pérenne sur le territoire.
  • Le PLDE (Plan Local de Développement Economique), élaboré en concertation avec les acteurs économiques locaux, bénéficie du soutien de la Région et comporte un volet agricole sur la diversification des agriculteurs.

De manière plus générale, le Pays est concerné par la problématique agricole dans la majorité de ses actions

À noter qu’il n’existe pas de commission spécifique aux circuits courts au sein du Pays. La création d’un Comité de pilotage est prévue afin de rassembler tous les acteurs du projet : exploitants, Pays, Chambre d’agriculture, mais aussi les élus.

Ici comme ailleurs en Nord-Pas de Calais, des pratiques nombreuses mais peu structurées de la vente directe

Cependant, ce n’est ni le Pays ni les collectivités locales qui ont instigué les circuits courts alimentaires. Le contexte était déjà favorable à leur développement. De nombreux exploitants y vendent leur production, soit de manière informelle sur les lieux de production, soit de manière plus organisée, par exemple dans des petits magasins de vente individuels avec une communication plus développée (signalisation par des panneaux d’affichage, sites internet ou blogs, ...). La temporalité des démarches est importante : les agriculteurs ont de nombreuses idées mais ils doivent s’occuper de leurs exploitations. Ce n’est pas, par conséquent, l’envie ou l’idée qui manque, mais le temps et les conditions pour les mener à bien. Ainsi, le Pays s’est positionné comme une interface d’animation entre les exploitants d’une part, et les collectivités et consommateurs d’autre part. Il contribue à l’impulsion de nouveaux projets en étant force de proposition, et encourage les opérations déjà existantes en vue d’aider les producteurs à les développer et les valoriser. La même démarche d’appui et d’incitation est suivie auprès des consommateurs : l’enjeu est de proposer et de favoriser l’accès à un mode de consommation alternatif.

Les étapes conjointes de la concertation et du diagnostic

« On n’est pas les seuls acteurs capables d’intervenir auprès du monde agricole sur le territoire, on n’est qu’un Pays. On peut fédérer des personnes, faire les liens entre les différents partenaires. Ils peuvent apporter leur expertise en matière de collectif. » Frédéric Minier

C’est suite à une proposition du groupe de travail agriculture qu’il a été décidé d’engager une concertation associant l’ensemble des agriculteurs avant de, en fonction des envies et projets, accompagner la démarche. La dynamique circuits courts a donc été portée et appropriée dès sa construction par la profession agricole.

Trois étapes se sont succédées :

La première étape a consisté à réaliser un diagnostic agricole du territoire, sur la base de questionnaires, afin de mieux connaître les agriculteurs, les éleveurs, les maraîchers et les horticulteurs faisant de la vente directe, leur nombre, leur profil sociologique et économique... Ce diagnostic complémentaire s’est avéré nécessaire car les données disponibles via l e recensement général agricole n’étaient pas suffisantes.

Une seconde étape visait à approfondir la connaissance des activités des agriculteurs faisant de la vente directe, grâce à une enquête portant sur les dispositifs existants de vente directe, leur potentiel et insuffisances. L’enquête a révélé qu’il existait très peu de marchés : les agriculteurs pratiquant la vente directe sur le territoire vendent leurs produits sur des marchés extérieurs au territoire (marché de Wazemmes, Carvin, Douai...). De plus, les marchés sont souvent perçus comme une contrainte par les agriculteurs.

Cette phase d’enquête a permis d’identifier les producteurs ayant des besoins en matière de circuits courts : sur les 190 exploitants qui avaient été identifiés avec le questionnaire comme susceptibles de faire de la vente directe, 140 ont volontairement répondu à l’enquête, dont 90 étaient ouverts au dialogue pour faire évoluer leurs perspectives de développement.

Un diagnostic et des projets formulés avec, pour et par les producteurs

75 producteurs ont finalement participé à la réunion de restitution de l’enquête, qui a révélé une dynamique de circuits courts se résumant globalement à une activité de vente directe individuelle non standardisée, allant du petit point de vente informel au magasin individuel plus organisé avec parfois une publicité effectuée par l’exploitant. Des exemples de mise en place de circuits courts ont également été présentés. Ceux-ci se sont exprimés en faveur de :

  • la réalisation d’un document de communication sur les points de vente existants : une carte recensant les 80 points de vente directe du territoire doit paraître au printemps 2012 pour offrir davantage de visibilité aux productions. Cependant, cette action est marginale au regard de l’action du Pays.
  • Une quinzaine de producteurs a exprimé son souhait d’aller plus loin dans la démarche et de lancer un point de vente collectif . Le parti pris du Pays a été de laisser le projet entre les mains des exploitants et d’intervenir en tant qu’animateur pouvant fournir une ingénierie méthodologique, partenariale et financière en partenariat avec la Chambre d’agriculture et le PNR Scarpe-Escaut. Aujourd’hui, ce groupe s’est structuré sous la forme d’une association : « l’Association de Producteurs Fermiers de la Pévèle » et souhaite se constituer en société pour porter les coûts d’investissement.

Une véritable ingénierie financière du projet de point de vente collectif

L’Association de Producteurs Fermiers de la Pévèle a commandité une étude de marché afin de déterminer le prix des paniers et le montant des investissements nécessaires. L’externalisation de cette étude exigeait une capacité de financement que les producteurs n’étaient pas en mesure d’apporter : l’appui du Pays a consisté à prendre en charge, par l’intermédiaire d’une subvention, d’une partie du coût de l’étude (soit 2000€), mais aussi à avancer les fonds attendus du côté du Conseil Régional. Au final, malgré leur faiblesse structurelle rendant ardu le recours à une ingénierie externe, l’association a pu financer cette étude dont le montant sera intégralement couvert par les aides financières du Pays et du Conseil Régional. De plus, le montant du prêt de 4000€ devant être remboursé au Pays par chaque exploitant sera fortement diminué. Par ailleurs, le Pays souhaiterait développer à l’avenir un outil de transformation, pour un coût évalué à 250 000€ qui suppose que les exploitants réalisent un emprunt. La solution trouvée est la suivante : la collectivité porterait la demande de financement pour l’investissement et l’aménagement d’un magasin pour pouvoir capter 80 % de cofinancement. La collectivité n’aurait plus qu’à avancer l’argent.

Le choix de cette solution reposant sur une ingénierie financière du montage du projet tient certainement au profil de l’équipe du Pays, qui ne compte pas de spécialiste des problématiques agricoles : un fait, qui peut s’avérer une limite pour la mise en place de certaines actions. Le Pays dispose par ailleurs de nombreux réseaux sur lesquels le groupe peut s’appuyer pour faciliter la mise en place du PVC.

« Si on mène aujourd’hui des actions en matière agricole, c’est parce que l’on a la Chambre d’Agriculture avec nous. » Frédéric Minier

D’autres réseaux ont joué un rôle stratégique pour le lancement du projet de circuits courts, en particulier en aidant à identifier les producteurs susceptibles de s’impliquer dans une démarche structurée de circuits alimentaires de proximité :

Ouverture annoncée pour fin 2012 – début 2013

La concrétisation du Point de Vente Collectif sera l’ouverture du magasin, prévue fin 2012 – début 2013. L’aboutissement de cette action permettra d’engager d’autres projets par la suite. À l’heure où nous rédigeons cette fiche, c’est le supermarché Vival (dont la fermeture était prévue pour le 31 mars 2012) situé à Templeuve qui est pressenti pour accueillir le point de vente collectif. C’est un site proposant des aménagements intéressants : étagères, caisses de paiement, chambres froides, accès aux personnes à mobilité réduite. L’association devrait louer ce local, qui a pu être trouvé grâce aux échanges entre le Pays et les maires. C’est finalement le maire de Templeuve, par ailleurs co-président du Pays Pévèlois, qui a proposé le site du futur magasin .

Ce futur modèle de point de vente collectif est donc bien une action structurante, qui vise à bâtir une réponse n’existant pas jusqu’à lors sur le territoire. L’adéquation de la demande à l’offre ne se fera que dans un second temps, autour d’une stratégie non pas de communication mais d’implication concrète des consommateurs (Un forum sur l’écocitoyenneté en Pays Pévélois devant avoir lieu en mars 2012). Le souhait du Pays est de bâtir une offre d’actions pédagogiques qui permettrait de renforcer les liens entre consommateurs et producteurs. L’une des pistes envisagées serait d’organiser des ateliers d’art culinaire, d’apprendre à cuisiner un potage etc. Pour ces ateliers, le matériel serait prêté par l’Institut agricole. Le lycée hôtelier pourrait venir en accompagnateur des producteurs. Sont également en projet des animations comme l’opération « De ferme en ferme », une journée porte-ouvertes dans les exploitations pour les habitants du territoire. Un forum sur l’écocitoyenneté avec des thématiques sur l’alimentation était également prévu le 25 mars 2012.

LEXIQUE

La majorité de ses actions : journée sur le maintien du foncier agricole en janvier 2012, Semaine Economique Pévèloise, Soirées de l’innovation, etc.

Le contexte : la vente directe est une activité historique du territoire.

du groupe de travail agriculture : animé par le Conseil de Développement du Pays Pévèlois, parmi lesquels plusieurs agriculteurs ainsi qu’un chercheur de l’ISA de Lille

Le recensement général agricole : mené par la Chambre d’agriculture, l’association régionale de vente directe ou et le PNR Scarpe-Escaut

un point de vente collectif : seize réunions ont été organisées avec les huit exploitants porteurs du projet afin de créer une dynamique collective et d’explorer l’horizon des possibles pour le point de vente collectif.

de nombreux réseaux : la Chambre d’Agriculture accompagne le projet depuis ses premières heures, co-anime les réunions et étaie la connaissance du potentiel agricole du Pays, tout en lui faisant bénéficier de sa connaissance d’expériences similaires en région.

autres réseaux : l’Association Régionale des Vendeurs Directs, le Réseau de Développement Durable (RDD), le PNR Scarpe-Escaut...

le site du futur magasin : Le site profite également d’une très bonne situation car il se situe au niveau du futur pôle d’échange de la gare de Templeuve, où il y a beaucoup de passage, environ 800 à 900 montées / descentes par jour. Autant de personnes susceptibles de fréquenter ce point de vente collectif

Fiche du projet

  • Action : projet de circuit-court alimentaire
  • Territoire : Pays Pévèlois
  • Porteur du projet : Pays Pévèlois
  • Date de création : 2008
  • 5 EPCI
  • 42 communes
  • 147 000 habitants
  • 350 km² dont la moitié dans le périmètre du PNR Scarpe-Escaut
  • Type d’agriculture présente sur le territoire : grandes cultures, polyculture et polyélevages
  • Part des circuits alimentaires de proximité : 35 % des exploitations commercialisent en circuits courts (2010)
  • Nombre d’exploitations (2010) : 551

Source : AGRESTE - DRAAF Nord Pas de Calais - Recensements Agricoles 2010 et 2000

  • Stratégie : diagnostic et intégration dans le PLDE, animation territoriale (territoire rôle d’interface), agriculture
  • Points forts : Animation en complémentarité avec les acteurs locaux, diagnostic de proximité (sur les envies et besoins des producteurs), et identification d’un projet phare...
  • Approche des circuits courts : économie locale, transversalité avec autres projets du territoire
  • Contact : Frédéric Minier (Pays du Pévèlois) au 03 20 59 30 76

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