Mis à jour le 5 juin 2019

Les projets relatifs à l'alimentation durable se réfèrent le plus souvent à l'économie sociale et solidaire (ESS) et à l'économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC). Ces deux systèmes ont en commun la place centrale réservée à l'humain, le souci de l'utilité sociale, le lien avec le territoire, l'hybridation des ressources. Retrouvez les points clés pour construire un modèle économique de projet d'alimentation !

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Un processus permanent

La réflexion sur le modèle économique doit s'instaurer dès l'amont de la démarche. Et elle doit se poursuivre sur la durée, tout au long de la déclinaison du projet.

Avec tous

Le choix d'un modèle ne peut être le fait d'experts. Il doit se co-construire avec toutes les parties concernées, acteurs engagés et usagers ou bénéficiaires des actions, en fonction de leurs besoins, de leurs attentes, de leurs contraintes... Le moteur du processus sera la dynamique d'acteurs qu'il aura suscitée. Le carburant sera le savoir-faire déployé en matière de participation et de coopération. Le projet "Tast'in Fives", pour exemple, n'est pas un espace où l'on reçoit mais un espace où on peut contribuer, agir, construire des ressources et se révéler soi-même ressource.

La question de la valeur

La question centrale d'un projet est : qu'est-ce qui fait valeur ? Dans cette optique, le modèle économique est une notion plus large que le modèle d'affaires : elle englobe les modalités de production, l'accessibilité des biens et services produits, la gouvernance, les pratiques de coopération. Le but est de se mettre d'accord sur les effets utiles de ce qu'on veut faire ensemble. S'il s'agit de porter remède(s) à la pauvreté sur un territoire, par exemple, il faut se demander par quel prisme : l'emploi, l'employabilité, l'éducation ?

Un "mix" de ressources

Un projet d'alimentation durable ne peut reposer que sur une hybridation des ressources, y compris le temps de bénévolat. Le supermarché alternatif "Superquinquin" de Lille illustre ce point. Les 800 adhérents de cette coopérative de consommateurs se sont rassemblés pour créer un lieu de vente de produits de qualité, mais aussi tisser du lien social et vivre une autre manière de consommer ; chacun d'eux donne trois heures de son temps au projet toutes les quatre semaines.

Cheminer en confiance

Il faut rompre avec la logique du "prêt-à-dérouler" et accepter de procéder et progresser par étapes. Les ressources immatérielles doivent être considérées comme des leviers stratégiques. Il est plus important de travailler sur la pertinence d'un projet, et sur la confiance qu'il peut inspirer, que sur les équipements.

L'ancrage territorial

Un projet relevant de l'ESS ou de l'EFC étend son champ d'action au territoire.  Les effets produits sur ce territoire --les externalités-- sont pris en compte : valorisés quand ils sont positifs et le plus possible minorés quand ils sont négatifs. La micro-ferme de Loos-en-Gohelle, portée par une association, se développe avec un soutien politique local fort. Un "super porteur de projet" qui n'a aucun relais dans son territoire va s'épuiser ; un territoire qui veut investir dans un projet, mais ne trouve pas de porteur, ne va pas loin.
Texte établi à partir des interventions de Caroline Senez (Institut pour l'Expérimentation Sociale et Territoriale) et Nadia Benqué (Atemis)

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  • Auteur :

    CERDD

  • Date de publication :

    Avril 2019

  • Taille du document :

    Web

  • Échelle géographique :

    Nationale / Régionale

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