Mis à jour le 12 février 2019

Au départ, la mise en conformité des verreries d’Aniche pour diviser par deux le rejet de ses débits d’eau. A l’arrivée, de considérables économies – en eau et euros - pour un projet global de traitement des eaux profitant autant à l’entreprise Asahi Glass Co, premier verrier mondial, qu’à l’environnement et aux collectivités du territoire.

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© Centre de mémoire de la verrerie d'en Haut à Aniche et cadastre des erchives départementales du nord

Descriptif de l'initiative

Se conformer à l’arrêté préfectoral aurait été possible avec une mesure toute simple ; la pose d’un limitateur d’eau pour diminuer les énormes quantités d’eau – 30 000 m3 par an prélevées de la nappe phréatique – nécessaires au lavage du verre. La rencontre d’Hocine Haddad avec l’Agence de l’Eau Artois Picardie a ouvert un nouvel horizon au responsable Hygiène Sécurité Environnement des verreries AGC d’Aniche, dont l’envie de concilier performance économique, impact social et environnement était déjà présente.

Un petit bout de la lorgnette au départ, une vision panoramique à l’arrivée :

« Notre réflexion a porté sur un projet global de gestion de l’eau incluant la limitation du débit d’eau rejetée, le recyclage de nos eaux de process, le stockage d’eau et notre capacité en extinction d’incendie », indique-t-il.

Les études techniques de faisabilité ont permis l’aménagement des 1 200 m3 d’anciens bassins inexploités de la verrerie, une réserve pour les eaux pluviales retenues avant d’être infiltrées dans une noue. A la sortie des bassins, une chaussée drainante réinfiltre l’eau. L’eau du lavage du verre est désormais filtrée et recyclée.

« Au final, nos rejets d’eau dépassent rarement le m3 d’eau par an maintenant, se réjouit Hocine Haddad. Les 50 000 m3* d’eaux de pluie et d’eaux usées nécessaires à notre fonctionnement sont aujourd’hui recyclées et réinfiltrées ».

Économies de taille, pour l’entreprise et l’environnement !

Autre grand gagnant de cette opération, la station d’épuration de la Communauté de Communes Cœur d’Ostrevent, délestée d’un important volume d’eau à épurer. « Nous étudions le même projet pour l’adapter à nos verreries en Belgique et au Maroc, souligne M. Haddad qui regrette le manque d’information sur les aides techniques et financières auxquelles les entreprises peuvent prétendre. Plus de projets de ce type seraient réalisés si l’information parvenait jusqu’aux oreilles des chefs d’entreprise ».

L’information est pourtant là, dense et disponible à un nouveau regard...vers la transition !

En quoi cette initiative est bonne pour l’adaptation aux changements climatiques ?

Le changement climatique devrait engendrer une réduction des débits des cours d’eau et de la recharge des nappes phréatiques (jusqu’à -40% à l’horizon 2100). Ceci aurait pour conséquence la baisse de la capacité de dilution des polluants et pourrait induire des tensions sur les prélèvements.

La pollution, plus concentrée, pourrait s’avérer plus toxique pour les milieux naturels. C’est pourquoi un projet global de gestion de l’eau incluant la limitation du débit d’eau rejetée, le recyclage des eaux de process et le stockage d’eau permet d’anticiper ces changements.

Fiche d’identité

Titre de l’opération : « Déraccordement des verreries d’Aniche »

Lieu / Echelle de l’action : entreprise

Structures porteuses : AGC Automotive France SAS, Rue de la Verrerie d'en Bas, 59580 Aniche

Contact : Hocine Haddad, responsable HSE chez  AGC Tél : 06 09 76 69 74

Partenaires : Agence de l’eau Artois Picardie, Terris, Culligan, Dumont, CCCO

Montant de l’opération : 375 325 €

Financement Agence de l'Eau : 35,87 % du montant de l’opération

Indicateurs de moyens et de résultats : mise en place d’un débit mètre au niveau du rejet des eaux

Date de l’opération :  Août 2016

Bénéficiaires/cibles de l’action : AGC, Collectivité (Station d’épuration), Agence de l’Eau

Documents de référence disponibles  : Convention de rejet des eaux

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