Mis à jour le 19 juillet 2017

Alors que la Côte d'Opale fait figure de premier centre de traitement des produits de la mer d'Europe et que la région abrite le premier port de pêche français à Boulogne-sur-Mer, la filière des produits aquatiques est une spécificité forte des Hauts-de-France. Pêche, mareyage, filetage, conserve, salaison, fumaison, conditionnement, préparation de produits et de plats cuisinés… Si le secteur regroupe des entreprises variées, ces dernières font comme les autres face à des défis environnementaux lourds qui poussent à repenser leurs modes de production et de consommation. Pôle de compétitivité national axé sur la filière des produits de la mer et la valorisation des produits aquatiques, Aquimer s’est engagé avec ses partenaires dans une série de programmes conçus pour aider les entreprises à intégrer l’analyse des cycles de vie (ACV) dans leur fonctionnement.

Aquimer chaine de poissons

© Aquimer

Contexte et descriptif de l'action

Quels sont les enjeux environnementaux des produits aquatiques ? Quel intérêt pour les entreprises de la filière d'entamer une démarche d’analyse des cycles de vie (ACV), cette méthode qui permet d’évaluer les impacts environnementaux d'un produit, d'un service ou d'un procédé, de l'extraction des matières premières jusqu'à sa fin de vie ? Quels outils sont disponibles et qui peut les aider ? « C’est pour répondre à ces questions que la plate-forme AvniR et Aquimer se sont lancés en 2011-2012 dans un vaste état des lieux destiné à mesurer le degré de maturité de la filière des produits aquatiques » rappelle Julie Mancini, chargée de mission au sein du pôle de compétitivité Aquimer, qui avait labellisé le projet à son lancement fin 2011.

Menée sur un an, financée par l’ADEME et la Région Hauts-de-France et baptisée FishavniR, l’étude réalisée par les cabinets de conseil Cycleco et Viedoc a permis de révéler que les outils d’analyse du cycle de vie étaient globalement mal connus : « si les entreprises de la filière sont assez réceptives à la notion de cycle de vie, comme d’ailleurs à la question de leur impact environnemental, cette phase d’analyse a montré qu’elles étaient en revanche peu matures quant aux outils existants en matière d’analyse des cycles de vie. » Problématique, d’autant que le cadre réglementaire européen évolue rapidement : « Dès 2020, les entreprises seront amenées à fournir des éléments destinés à permettre une mesure objective de l’impact environnemental de leurs produits », observe Julie Mancini. « Il était donc urgent de mettre en place un plan d’action pour aider la filière à se préparer et aider les professionnels à intégrer la pensée ACV dans leurs pratiques et à la diffuser. Pour être efficace, il doit comprendre plusieurs dimensions : formation, mise en réseau, tests de déploiement dans des entreprises… »

Au terme de l’étude, Aquimer et ses partenaires se sont alors engagés dans un plan d’actions qui se décline en trois projets successifs :

  • Aquaconception (2013-2014), un programme destiné à informer, à échanger, à sensibiliser à former les acteurs de la filière ;
  • ICA Aqua (2015-2018), ICV Pêche (2015-2017), deux programmes destinés à prolonger Aquaconception en lançant des actions de recherche, en permettant aux professionnels d’acquérir les compétences ACV, en enrichissant les bases de données de référence et en développant des outils utiles aux entreprises.

Analyse de la démarche

D’une durée de douze mois et déployé par Aquimer, la plate-forme d’innovation Nouvelles Vagues, et Cycleco, Aquaconception visait à augmenter le niveau de maturité des entreprises du secteur aquatique vis-à-vis de la démarche ACV. « Le fait que les entreprises du secteur soient le plus souvent des sociétés de petite taille a nécessairement un impact sur la manière dont se déroule une telle démarche », précise Julie Mancini. A terme, la démarche veut permettre aux entreprises du secteur de construire une éco-stratégie capable de leur fournir les moyens d’être plus vertueuses sur le plan environnemental (réduction des coûts énergétiques, diminution de leurs volumes d’emballages…) sans rien sacrifier de leurs avantages concurrentiels.

Si le but est bien d’étendre la démarche à des dizaines de PME, Aquaconception s’est concentrée sur trois entreprises pour identifier et résoudre les éventuels verrous qui pourraient apparaître. Pour ça, « des consultants ont été formés à l’ACV et sont intervenus en binômes dans ces trois structures pour réaliser une analyse de leurs cycles de vie propre et leur mettre ainsi le pied à l’étrier, au service de leurs performances industrielles ». Pour chaque entreprise, la démarche a été poussée très loin. Les ACV menées dans chacune d’entre elle se sont à chaque fois conclues par la réalisation d’un plan d’actions d’écoconception d’un des produits de leurs gammes respectives. « Au lendemain du projet Aquaconception, nous avons souhaité le prolonger au travers de deux autres projets qui en sont la suite logique, ICV Aqua et ICV Pêche, sur lesquels nous travaillons avec nos partenaires, l’ULCO et Cycleco. »

Aquimer poissons

© Aquimer

Prolonger la démarche

Financé par la région Hauts-de-France et porté par l’ULCO, ICV Aqua s’est fixé comme objectif de renforcer les compétences en ACV et d’enrichir les bases de données existantes. Prévu pour trois ans et lancé en septembre 2015, le projet s’intéresse à quatre procédés de transformation importants dans la filière des produits aquatiques (salage, fumage, mise en barquette et filetage), à deux espèces issues de l’aquaculture (le bar et la dorade) ainsi qu’à cinq autres espèces issues de la pêche. Au-delà de leur rôle de formation auprès des acteurs régionaux, Julie Mancini et Pierrette Ethuin Maitre de Conférence à l’ULCO travaillent à récolter une série de données concernant les impacts environnementaux à chaque étape du processus industriel, de l’aquaculture et de la pêche, pour les intégrer à des banques de données nationales. A terme, elles permettront aux entreprises du secteur de calculer leurs impacts : en s’appuyant sur ces données de références pour répondre aux exigences réglementaires fixées par l’Union européenne.

ICV Pêche relève d’une philosophie identique, sur des espèces exclusivement issues de la pêche et pour une période de deux ans. Lancée en décembre 2015 et portée par le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), l’étude se concentre sur la caractérisation par triplets : dans chaque cas de figure, il s’agit d’acquérir des données propres à l’activité d’un engin de pêche spécifique sur une zone précise et pour une espèce donnée - par exemple, la coquille Saint-Jacques, pêchée à la drague dans la baie de Saint Brieux.

Essentielles pour aider les industriels à disposer de ressources et de référentiels fiables sur les cycles de vie de leurs activités et de leurs produits, ces deux études prolongent la démarche initialement engagée par Aquimer dans le cadre de l’opération Aquaconception. Toutes illustrent le mode de fonctionnement propre à Aquimer, que ce soit en termes d’accompagnement des entreprises du secteur des produits aquatiques de transformation ou de collaborations avec des Universités et des centres techniques.

Fiche d’identité

Lieu et échelle de l’action : Boulogne-sur-Mer

Nom de la structure porteuse : AQUIMER

Contact : Julie Mancini, chargée de mission. Tel : 03 21 10 78 98. Mail : julie.mancini@poleaquimer.com

Partenaires : Université du Littoral, Cycleco

Date de lancement de l’opération Aquaconception : 2013

Financement FRAMEE : 67 120 euros, soit 71,3 % du coût de l’opération

Bénéficiaires de l’action : acteurs et entreprises de la filière

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