Mis à jour le 30 septembre 2020

Restaurant, bâtiment bioclimatique, lieu de rencontres et d’échanges, puits de nature en ville… Ce projet innovant sur le plan social et environnemental vaut le détour ! Découvrez Baraka, le tiers-lieu roubaisien de la transition.

Baraka tiers-lieu

CONTEXTE et descriptif de l'action

A l’origine de Baraka, la volonté de roubaisiens d’investir une friche pour créer de l’emploi et du lien social autour d’un projet coopératif. Un immeuble de deux étages a été ainsi construit sur un terrain de 129 m2, acquis auprès de la Mairie de Roubaix. Objectif : ouvrir un restaurant bio, avec une salle de séminaire pour accueillir les groupes (entreprises, associations, particuliers ...) au premier étage et un espace bureau pour les gérants au 2ème étage. Pour ce faire, une coopérative Baraka a été constituée en SCIC, société coopérative d’intérêt collectif. 200 000 euros ont été apportés par les sociétaires. Un prêt bancaire de 800 000 euros sur 15 ans a complété le financement.

La pierre coopérative a ensuite été posée par les membres de la structure et les voisins !

ANALYSE DE LA DÉMARCHE

Un modèle basé sur l'ESS

Le restaurant – entre la restauration et la location de salle de séminaire à l’étage – génère plus de 20 000 euros/ mois, ce qui permet de payer les charges et d’assumer le remboursement du prêt. L’idée est de mettre le marchand au service du non-marchand. La restauration permettra à la coopérative de mener ses activités sociales et solidaires de manière autonome et sans subvention. « Trente mille personnes travaillent chaque jour à Roubaix dont onze mille cadres. Notre objectif est d’en séduire chaque midi au moins soixante-dix », explique Pierre Wolf. Pour cela, La Baraka proposera des produits exclusivement frais et locaux et majoritairement bio. Le restaurant est ainsi un modèle de coopérative 100% privée de l’Économie Sociale et Solidaire. Pierre Wolf regrette d’ailleurs qu’aucune collectivité locale ne soit intervenue financièrement au moment de la création de Baraka.

Salle de restaurant Baraka
© Baraka

Le rôle social

Avec un plat du jour à 11 euros, le restaurant attire entre 40 et 60 clients tous les midis en semaine et le vendredi soir : "Baraka contribue au renouveau social du quartier. Nous ne sommes pas sur une zone de chalandise. Or, en attirant le midi les salariés du centre ville de Roubaix, nous dynamisons le quartier."

En plus du restaurant, le projet instaure des activités ouvertes à tous autour de l’alimentation, des jardins au carré, de l’auto-construction, de la culture et du lien. Ainsi avant de devenir ce lieu où l’on pourra manger ou se ressourcer, la Coopérative Baraka a invité les habitants à se former gratuitement à l’éco-construction. Des modules de formation sur l’isolation par la paille, la ouate de cellulose, la pose d’un bardage ou les enduits naturels ont été délivrés gratuitement par des spécialistes en échange d’une participation aux travaux. Une partie de la construction du bâtiment bioclimatique a donc été réalisée par les membres de la coopérative et des voisins.

Un bâtiment bioclimatique

Le bâtiment présente donc en lui-même beaucoup d’intérêts. La construction en ossature bois, isolation paille et bardage extérieur bois consomme la moitié de la référence règlementaire. Le bois, présent partout, est sourcé dans la région et choisi dans des essences locales. Le maître d’ouvrage a retenu comme autres choix techniques une ventilation double flux avec récupération de chaleur pour chauffer l’air entrant, des façades exposées, des enduits intérieurs réalisés à la chaux, des panneaux solaires pour préchauffer l’Eau Chaude Sanitaire (ECS). Cette conception de maison passive répond aux exigences de l’appel à projet de l’ADEME, qui réclame une consommation d’énergie primaire de 5kWh/m2, pour le chauffage, le refroidissement, la ventilation, la production d’ECS et l’éclairage des locaux. Dans ce quartier dense en habitat, la Baraka aussi va réintroduire de la nature : un point de compostage des déchets du jardin et du restaurant, une ruche, un hôtel à insectes et des nichoirs à oiseaux.

« Cette réalisation née de la mobilisation citoyenne des habitants est porteuse d’espoir. Elle prouve qu’on peut se bouger, y compris dans les quartiers désargentés, et agir sur de grandes problématiques comme le climat ou le chômage », exprime Pierre Wolf.

batiment baraka
© Baraka

Fabrique de biens communs

Au-delà de la restauration, le projet Baraka se définit comme un tiers-lieu de la transition. C’est à dire un lieu où désormais l’on propose toutes sortes de services en réponse aux besoins des habitants, basés sur l’innovation sociale et la coopération multi-services.

C’est aussi un laboratoire où s’expérimentent de nouvelles façons de faire, de s’organiser pour peser sur les transformations sociales, économiques, écologiques localement. Tout d’abord, en proposant une carte bio, dans un bâtiment bioclimatique, et ce au sein d’une structure coopérative, Baraka souhaite placer l’humain et l’environnement au cœur du projet. Sont ainsi proposés un espace de coworking, des conférences, cafés citoyens, espace d’apprentissage de l’agriculture urbaine (carrés de jardin), lectures à voix haute... Soit un véritable espace de rencontre et de création collaborative au service des habitants du quartier. "Le CCAS (Caisse Centrale d’Activité Sociale) de la mairie de Roubaix amène parfois des enfants pour profiter de notre bibliothèque. C’est formidable de pouvoir créer du lien ainsi."

Fiche d’identité

  • Nom de la structure : La Baraka
  • Contact : 09 50 50 79 61 ou www.cooperativebaraka.fr
  • Adresse : 20 rue de Sébastopol 59 100 Roubaix
  • Effectif : six salariés (deux co-gérants, deux salariés en cuisine et deux salariés en salle)

>>> Découvrez cette initiative sur le terrain avec les visites DDTour

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