Mis à jour le 10 novembre 2021

Lors de son Labo "Alimentation et Climat" organisé le 21 septembre 2021 en partenariat avec l’ADEME, la DRAAF et la DREAL, le Cerdd a mis en lumière une étude inédite sur la résilience du système alimentaire des Hauts-de-France. Cette étude globale et factuelle révèle les incohérences de la filière alimentaire régionale et vient bousculer les idées reçues. Le constat est inquiétant mais des solutions se dessinent.

Des chaînes d’approvisionnement sous tension, une érosion socio-économique et une dégradation de la santé globale… C’est ce que révèle une étude commanditée par l’Ademe en février 2021 et menée par le bureau d’analyse Le Basic avec l’association Bio en Hauts-de-France. C’est la première fois qu’une étude de cette ampleur est menée sur le système alimentaire des Hauts-de-France. Elle a été présentée lors du Labo "Alimentation et Climat" organisé par le Cerdd mardi 21 septembre 2021 à Arras (62).

>>> L’étude commanditée par l’ADEME sera publiée prochainement

Des chaînes d’approvisionnement sous tension

Cette étude vient tout d’abord rappeler la dépendance des exploitations agricoles à des marchés extérieurs instables ainsi qu’aux intrants (fournitures, produits phytosanitaires, engrais, carburants). Elles doivent aussi faire face à un essoufflement de la productivité. «Hors aides publiques, et sans agrandissement, les agriculteurs perdent en moyenne un tiers de leur revenu (entre 2008 et 2018) », souligne par exemple Christophe Alliot du bureau d’études Le Basic.

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Source : étude Le Basic – Bio en Hauts-de-France – Ademe

L’étude révèle également une dégradation de la capacité du territoire à répondre à la demande alimentaire locale. « Il y a plus de surface disponible que ce qui serait nécessaire, mais elle est mal répartie, résume Christophe Alliot. La surface agricole excède de 1,3 fois la demande locale mais il n’y a pas la capacité de transformation dans le territoire. »

Une érosion socio-économique

L’étude aborde également le thème de l’emploi et alerte sur un non-renouvellement des exploitant·es agricoles. « 41 % des effectifs agricoles partent à la retraite d’ici à 2030, et il y a une difficulté à attirer les jeunes vers ces métiers », note Christophe Alliot. En outre, la robotisation, notamment dans la GMS (grandes et moyennes surfaces) participe à l’érosion du nombre d’emplois (-20 % d’emplois prévus d’ici à 10 ans). Enfin, les contrats précaires y sont fréquents.

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Source : étude Le Basic – Bio en Hauts-de-France – Ademe

Dégradation de la « santé globale »

Enfin, c’est la santé qui est étudiée à la loupe dans cette étude, tant celle des habitant·es que de l’environnement. « Il y a une hausse des problèmes de santé liés alimentation », souligne Christophe Alliot du Basic. On note également une faible capacité de résistance du territoire aux risques liés à la dégradation environnementale.

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Source : étude Le Basic – Bio en Hauts-de-France – ADEME

Vers un système alimentaire durable

Au-delà du constat, cette étude commandée par l’ADEME tente aussi d’apporter des réponses et pose les jalons d’un système alimentaire durable. Différents scénarios, construits avec une quarantaine d’acteur·ices régionaux de l’ensemble de la filière permettent de dessiner un futur souhaitable.

Simon Hallez, co-directeur de l’association Bio en Hauts-de-France, présente plusieurs pistes d’actions, à différents niveaux :

    • la consommation alimentaire
« On peut travailler sur l’évolution de la consommation, notamment en diminuant l’apport en protéines animales en faisant la part belle aux protéines végétales… tout en favorisant le développement des systèmes de pâturage ! » L’idée étant de manger « moins et mieux ».
    • la production agricole
« L’enjeu majeur est que la consommation et les filières s’adaptent aux préoccupations agricoles ». Et non plus l’inverse ! « Si on agit à l’échelle de la parcelle jamais on ne pourra changer le système alimentaire. Il faut que les transformateurs et distributeurs changent leurs pratiques. »
    • la transformation alimentaire
« Dans un scénario durable, les entreprises de transformation recréent des emplois de qualité et attractifs. On voit une montée en puissance et en compétence de l’artisanat, en parallèle d’une diversification des produits alimentaires. »
    • les acteurs publics
« Tous ces sujets concernent l’ARS, l’ADEME, mais aussi l’Agence de l’eau, la DRAAF, la Région… tous les acteurs sont concernés par les évolutions du système alimentaire ! Comment tous les acteurs régionaux publics se mettent autour de la table pour bâtir ensemble un nouveau schéma régional d’autonomie alimentaire ? »

Comment agir à l’échelle des territoires ?

Pour commencer à dessiner ce futur désirable, des acteur·ices des territoires, principalement des représentant·es de collectivités locales, se sont rassemblé·es en différents ateliers lors du Labo Alimentation et Climat du Cerdd.

Avec en tête le système alimentaire dans toute sa globalité, ils et elles ont, ensemble et de manière sereine, soulevé les points de blocages, identifié les partenaires potentiels, proposé des pistes d’actions… pour bâtir, au final, un système alimentaire régional durable.

Labo Alimentation Climat - 21 octobre 2021 à Arras

>>> Une synthèse des échanges sera bientôt disponible

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