Mis à jour le 28 novembre 2016

Rencontre avec Bénédicte Rivoire-Meley, responsable du pôle climat du syndicat mixte du SCoT Grand Douaisis.

Analyse de l'initiative

Tous les plans climat territoriaux du Nord Pas de Calais n’ont pas la chance d’interagir avec un SCoT et de bénéficier de moyens d’action humains et matériels. Le pôle climat du Grand Douaisis profite de sa situation avantageuse pour développer des actions de portée globale et néanmoins mobilisatrices.

Pour comprendre l’identité et la démarche du Plan climat territorial du Grand Douaisis, il faut l’imaginer cheminant main dans la main avec le SCoT, le document qui définit les grandes lignes d’aménagement de ce même territoire. L’un ne va pas sans l’autre. Les élus des 65 communes concernées, fortes de 249 000 habitants, ont élaboré leur schéma de cohérence entre 2003 et 2007. En cours de travail, ils ont été sollicités par la Préfecture pour réfléchir au potentiel local d’énergie éolienne. Ils ont répondu à la demande sur ce point précis mais ont souhaité élargir la focale à d’autres types d’énergie et à des préoccupations environnementales plus générales. Cette volonté a trouvé un débouché en 2006 dans l’appel à projets lancé par le Conseil régional pour la réalisation de Plans climat à l’échelle des territoires de projet.

Eclairer des engagements

Le SCoT du Grand Douaisis a été adopté en 2007. Le Plan climat est en vigueur en 2009 ; il s’est d’abord traduit par un répertoire de plus de deux cents actions, susceptibles de réduire les émissions locales de gaz à effet de serre (GES) et de contrer les effets du changement climatique. Les initiatives évoquées couvraient les domaines de l’énergie, de l’aménagement, de la consommation, de la mobilité et de l’information du public. Trois ans plus tard, Bénédicte Rivoire-Meley, responsable du pôle climat du syndicat mixte du Grand Douaisis, considère ce catalogue d’un oeil nuancé. "Toutes les mesures listées n’ont pas été mises en oeuvre, d’autres sont désormais caduques. Mais ce document a eu le mérite d’éclairer ceux qui ne savaient pas ce que pouvait être une action en faveur du climat. Et donc, de susciter des engagements chez les collectivités, les entreprises, les bailleurs sociaux ou les particuliers".

Souple et évolutif

Depuis, le répertoire a été actualisé, au regard notamment des acquis du Grenelle et des résultats d’un nouveau bilan carbone du territoire effectué en 2011. Voilà une autre clé du Plan climat du Grand Douaisis : son caractère dynamique, évolutif. "A la différence du SCoT, ce n’est pas un document réglementaire mais un engagement volontaire, explique Bénédicte Rivoire-Meley. Il colle aux initiatives locales pertinentes et s’efforce de leur donner de l’ampleur". Ainsi, le pôle climat du syndicat mixte vient-il de lancer, en janvier 2013, un groupe de travail sur la mobilité des ménages, dans le sillage d’une étude menée par le SCoT. Les déplacements des particuliers constituent le deuxième poste d’émission de GES, après la consommation de biens. Les acteurs locaux réunis dans la nouvelle instance sont invités à envisager des solutions pour compenser le déficit d’intermodalité et à coordonner leurs efforts. Cela en lien avec le projet de cartographie des transports collectifs que doit lancer l’interSCoT "Terres du Nord’, dont le Grand Douaisis est fondateur et membre actif.

Neuf (bâtiments) d’un coup

Le chapitre de l’énergie est évidemment très fourni. Les élus du Grand Douaisis ont fait une priorité de la réduction de la consommation sur leur patrimoine, soit 570 bâtiments communaux auxquels il faut ajouter les installations d’éclairage public. L’objectif d’économies est de 38 %. Le principal outil mobilisé, déjà présenté sur le site du CERDD, est le "conseil en énergie partagé".

 

Depuis 2011, un énergéticien porté par le syndicat mixte, financé à 70% par les communes adhérentes et une aide de la Région Nord Pas de Calais et de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), traque le gaspi ou débusque les erreurs de facturation dans quatorze communes petites et moyennes du territoire. Avec des résultats spectaculaires. Un deuxième professionnel est en cours de recrutement et interviendra dans huit communes supplémentaires. Dans la même perspective, Bénédicte Rivoire-Meley et son équipe suivent un projet de rénovation simultanée de neuf équipements scolaires et culturels, avec création d’un mini-réseau de chaleur, dans la commune de Roost-Warendin. L’étude doit établir les impacts et définir les possibilités de financement de l’opération.

Energie : l’affaire du territoire

Au-delà des interventions visant la sobriété, le syndicat mixte et son pôle climat s’intéressent à l’approvisionnement énergétique et au développement des énergies renouvelables. La fermeture annoncée de la centrale d’Hornaing va rendre le territoire presque complètement dépendant de sources extérieures. Comment accroître la part des productions locales, selon des modes bien sûr différents de l’ancienne centrale à charbon ? Des "envies d’agir" se manifestent : plusieurs maires ont des projets liés à la biomasse et à l’exploitation du bois. Mais est-ce la bonne filière, alors que le gisement géothermique local est abondant ? Une étude est en cours ; elle passe par des groupes de travail réunissant des sociologues, des experts, des entrepreneurs, des élus. "Il ne s’agit pas de débats exclusivement techniques, souligne Bénédicte Rivoire-Meley. Nous voulons traiter les aspects économiques et sociaux de la question, convaincre les décideurs municipaux que cela relève de leur compétence et que nous pouvons, collectivement, nous réapproprier la gestion de l’énergie, à travers des économies, des récupérations de chaleur, des recours à des sources d’énergie renouvelable". Ce qui guide l’action du pôle climat, au côté du pôle chargé de l’application du SCoT, c’est la référence constante à l’aménagement du territoire et à l’urbanisme. Le même mariage est devenu la règle dans tous les SCoT adoptés depuis le Grenelle, dits SCoT Grenelle.

Toujours plus de partenaires

Le dernier volet de son activité concerne l’information et la sensibilisation des habitants. Elles passent, pour l’essentiel, par un site internet, mais demandent à être renforcées par l’édition de documents papier. Une des meilleures portes d’entrée est celle des écoles. Le Plan climat a séduit un lycée professionnel de Lens, dont un professeur habite Orchies, dans le périmètre du Grand Douaisis, et dont des élèves participent à l’opération "Conseil en énergie partagée". Le pôle veut aussi gagner en notoriété (et en souplesse) en se plaçant sous l’aile d’un large comité partenarial, "instance de constats partagés" permettant la prise et l’exécution encore plus rapides de décisions. Ce devrait être chose faite courant 2013.

Fiche d’identité :

  • Portage : syndicat mixte du SCoT Grand Douaisis (65 communes, 4 intercommunalités) Effectif du pôle climat : trois personnes
  • Financement : FRAMEE – FEDER (CEP et chargée de mission PCT)
  • Nom de la structure Syndicat Mixte du SCoT Grand Douaisis

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