Connaître ses îlots de chaleur pour mieux s’adapter

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  • récit
  • Mise à jour le April 14, 2025
  • Création le February 28, 2025
  • Lille Métropole

Les périodes caniculaires, accentuées par le réchauffement climatique, rendent les villes de Lille et la métropole de moins en moins vivables car mal conçues à ce type de phénomène météorologique. La métropole devient un véritable four, disons adieu au béton ! Grâce à l’étude sur les îlots de chaleur commandée à l’Agence de Développement et d’Urbanisme de Lille Métropole (ADULM), la Métropole Européenne de Lille fait du profilage thermique de son territoire un point fort du volet « Adaptation » de son plan Climat.

 

Fiche initialement publiée en 2020.

Le projet en bref

Objectifs de développement durable

  • 3. Bonne santé et bien-être
  • 11. Villes et communautés durables
  • 13. Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques

# Sur les mêmes sujets

  • #renaturation
  • #adaptation

Connaître ses points chauds et ses points froids… une démarche encore peu répandue mais indispensable dans un contexte de changement climatique où les épisodes caniculaires s’allongent et se multiplient, au Sud comme au Nord. Que la Métropole Européenne de Lille (MEL) a intégrée en commandant ce diagnostic sur lequel baser ses actions d’adaptation.

Les îlots de chaleur urbains, c'est quoi ?

Les ICU correspondent à des « microclimats » artificiels créant des températures plus fortes en ville qu'en périphérie. Cette différence de température peut être expliquée par l'artificialisation de l'occupation des sols (forme urbaine d'une ville, le coloris et la composition des matériaux utilisés, la non présence de végétaux, de cours d'eau) mais aussi de l'activité anthropique.

Cette énergie est en grande partie libérée durant la nuit sauf en cas de vague de chaleur (plusieurs journées chaudes à la suite). La nuit n'est pas assez longue pour que la chaleur se dissipe et la nouvelle journée qui s'annonce à l'aube est déjà chaude et ne peut que se réchauffer davantage. Commence alors un cycle infernal.

Cette variété de causes et de cycles expliquent même des différences de température de plus de 10 degrés au sein même de Lille ! Le 24 juillet 2016, pendant une journée caniculaire, une différence de plus de 10°C a été constaté entre Lille et la Madelaine le même jour, à la même heure.

Sans refroidissement ou pause dans la vague de chaleur, les îlots de chaleur urbains peuvent s'avérer dangereux pour la santé des plus vulnérables, notamment les personnes agées, les enfants en bas âge, les personnes atteintes de maladie chronique, etc. On compte plus de 15 000 décès prématurés pendant la canicule de 2003.
Ces craintes sont intensifiées par la pollution des villes qui, combinée au fortes chaleurs, entraîne d'autant plus de risques sanitaires.

Cartographier les zones urbaines

Ce nouveau regard sur ces phénomènes liés au changement climatique s’est enrichi, entre août 2016 et janvier 2017, d’une rafale de photographies aériennes réalisées tous les 30 cm sur un territoire de 80 km2, de jour comme de nuit par infrarouge thermique.

Les données thermiques récoltées ont d’abord été harmonisées avant d’être analysées par l’ADULM pour être livrées en juillet 2017. On y observe des cartes du tissu urbain métropolitain aux variations par zones de couleurs, du bleu au rouge sur l’échelle thermique et liées à la présence, ou non, d’un couvert végétal, aux effets du choix des matériaux (matière et colori) de construction et d’aménagement, à l’orientation des bâtiments et à la densité du tissu urbain.

Et des démonstrations intéressantes.

  • Sous l’arbre, en zone ombragée, l’atténuation de l’ensoleillement est de 80 %.
  • À Lille, la température relevée au petit matin sur le pavé bleu noir est de 25-30°C et peut monter alors jusqu’à 70°C en journée l’été…
  • Plus surprenant encore : rafraîchissante quand elle est vive, l’eau stagnante du Quai du Wault réagit alors comme un îlot de chaleur… 

Réduire et s'adapter aux fortes chaleurs

Le problème c'est que du béton, il y en a partout en ville ! Tout détruire pour tout reconstruire ? Pas besoin car le béton connaît une rivale de taille : la nature. Le rôle thermorégulateur de l'eau et du végétal permet un rafraîchissement naturel de l'air ambiant en mettant les surfaces à l'ombre et en libérant des vapeurs d'eau. Contre le béton, végétalisons !

Les préconisations du Plan Local d'Urbanisme (PLU) envisagent de privilégier une architecture bioclimatique, la végétalisation du cadre bâti, la ventilation naturelle ou la pratique du « coolroof » blanchissement des toitures pour réduire la température ambiante de 2°C… Plus l’habitat est dense et compact, plus le territoire est sujet aux îlots de chaleur urbain (ICU). La combinaison-type de facteurs aggravants est : un bâti minéral surplombant un parking, le tout orienté sud-sud ouest. L’ICU assuré.

Une version modélisée de cette première étude thermique est en cours de réalisation en 2020. Cet outil complémentaire pourra aider les élus et aménageurs à atténuer, voire éviter les îlots de chaleur dans les lieux accueillant un public fragile (EHPAD, écoles, crèches..), mais également intégrer dans les plans Climat des « îlots de fraîcheur urbaine » grâce aux trames vertes et coulées bleues... Pour pouvoir vivre en ville demain sans suffoquer.

En quoi cette initiative est bonne pour l’adaptation au changement climatique ?

On constate de manière récurrente qu’il fait plus chaud en ville qu’en périphérie ou dans les espaces naturels. Et ce phénomène va s'amplifier avec le changement climatique. Ce climat local lié à l’urbanisation entraîne des problèmes en termes de santé et de bien-être, surtout l’été en période de fortes chaleurs. Différents travaux et études sont menés afin de mieux comprendre ce phénomène et de lui faire face. L'étude de l'ADULM en fait partie.