Renaturation de l’Ardon en plein cœur de Laon

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  • récit
  • Mise à jour le April 8, 2025
  • Création le February 27, 2025
  • Laon

La ligne droite n’existe pas dans la nature. Un cours d’eau rectifié et calibré peut-il alors être favorable au bon fonctionnement morphodynamique d’une rivière et à sa vie aquatique ? Le syndicat intercommunal de gestion de l’Ardon a fait le choix de privilégier l’hydromorphologie naturelle de ses principaux cours d’eau canalisés, dont l’Ardon en plein cœur de Laon.

 

Fiche initialement publiée en 2021. 

Le projet en bref

Objectifs de développement durable

  • 11. Villes et communautés durables
  • 13. Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques
  • 14. Vie aquatique

# Sur les mêmes sujets

  • #biodiversité
  • #milieu aquatique
  • #solutions fondées sur la nature

Cette nouvelle vision prévaut de plus en plus chez les gestionnaires des milieux naturels : accompagner, faire avec et s’adapter plutôt que contraindre les rythmes et les espaces naturels. Le syndicat intercommunal de gestion de l’Ardon et de l’Ailette a décidé de renaturer la rivière de l’Ardon sur un linéaire de 100 mètres qui traverse Laon, au pied des habitations et des jardins, avec l’appui technique de la ville de Laon par son apport gratuit de terre végétale.

Des travaux à multiples objectifs

Les travaux de renaturation, démarrés en 2014, ont duré deux mois et répondaient à plusieurs objectifs :

  • améliorer l’état écologique de l’Ardon
  • diversifier les écoulements pour ne pas les aggraver en période de crue
  • améliorer la capacité d’auto-curage de la rivière

La taille surdimensionnée du lit de l’Ardon – 6 mètres de largeur – ralentissait le courant d’eau devenu trop faible, aggravant le phénomène d’envasement du fond de la rivière et impactant la vie aquatique ainsi que la faune et la flore présentes sur les berges.

Un nouveau tracé dessiné

Les travaux de reméandrage ont consisté à créer un lit d’étiage plus étroit par la pose de boudins végétalisés – entre 1 m et 1,5 m de largeur – et à dessiner un tracé plus sinueux, s’apparentant le plus possible à ce qu’il était à l’état naturel. Des épis déflecteurs  – pierres disposées contre les berges pour réorienter le courant d’eau, désenvaser le lit de la rivière et protéger l’amorce des boudins – ont également été aménagés en amont.

Des banquettes de terre végétales maintenues par des bandes géotextiles ont été positionnées en pente douce sur les berges végétalisées. Une double plantation a été prévue pour atténuer les effets de l’érosion de la terre meuble en ensemençant les bandes géotextiles avant de les refermer et en semant des graines sur les rives.

Les riverain·es ont été sensibilisé·es au respect de cet espace de nature restaurée, afin qu'ils évitent de dégrader, par l’apport de déchets verts et alimentaires, les berges de l’Ardon, leur nouveau lieu de promenade en ville.

En quoi cette initiative est bonne pour l’adaptation aux changements climatiques ?

Œuvrer à la renaturation des rivières, c’est rendre ses droits à un écosystème, reconnaître l’intérêt d’un tracé naturel sinueux favorisant la dynamique de l’eau et donc sa qualité. C’est faire le constat que la variation des vitesses d’écoulement facilite l’auto-curage de la rivière et améliore les conditions de vie de la faune et de la flore, aquatique et terrestre, régénérant ainsi la biodiversité et les continuités écologiques.

Les berges végétalisées et en pente douce qui peuvent être submergées sont ainsi plus adaptées en cas de crues, limitant ainsi les risques d’inondations en milieu urbain. Cette renaturation de l’Ardon contribue également à l’amélioration du cadre de vie des Laonnois·es.